
TIG AC/DC : comment souder l’acier, l’inox et l’aluminium ?
3 juillet 2026Le soudage TIG est reconnu pour sa précision, sa propreté et sa capacité à produire des cordons de haute qualité. Mais pour obtenir un bon résultat, il ne suffit pas de choisir le bon tungstène ou le bon gaz. Il faut aussi comprendre les principaux réglages disponibles sur un poste TIG.
Sur beaucoup de postes TIG modernes, on retrouve des fonctions comme 2T/4T, HF, Lift Arc, pulse, slope up, slope down, pré-gaz et post-gaz. Ces réglages peuvent sembler compliqués au départ, mais chacun a un rôle précis.
Bien les utiliser permet de mieux contrôler l’arc, de limiter les défauts, de réduire les déformations et d’améliorer la finition du cordon.
Dans cet article, nous allons expliquer simplement les principaux réglages TIG et leur utilité.
1. Pourquoi les réglages TIG sont-ils importants ?
Le TIG est un procédé très précis. Cette précision est un avantage, mais elle demande aussi plus de contrôle.
Chaque réglage influence une partie du soudage :
- le démarrage de l’arc ;
- la montée en puissance ;
- la stabilité du bain ;
- l’apport thermique ;
- la fin du cordon ;
- la protection du tungstène ;
- la qualité visuelle de la soudure.
Un mauvais réglage peut provoquer des défauts comme :
- un cratère en fin de cordon ;
- une oxydation du tungstène ;
- un arc instable ;
- une surchauffe de la pièce ;
- une déformation ;
- une mauvaise pénétration ;
- une finition irrégulière.
Comprendre les réglages TIG permet donc de travailler plus proprement et avec plus de régularité.
2. Le mode 2T : simple et direct
Le mode 2T est le mode de commande le plus simple.
En 2T, le fonctionnement est direct :
- on appuie sur la gâchette pour démarrer l’arc ;
- on maintient la gâchette pendant toute la soudure ;
- on relâche la gâchette pour arrêter l’arc.
Ce mode est très pratique pour les soudures courtes, les petits cordons ou les travaux rapides.
Il convient bien lorsque le soudeur veut garder un contrôle immédiat sur le démarrage et l’arrêt de l’arc.
Avantages du mode 2T
Le mode 2T est facile à comprendre et rapide à utiliser. Il est idéal pour les petites soudures, les points de maintien, les essais ou les travaux où l’on démarre et arrête souvent.
Il est aussi apprécié par les débutants, car son fonctionnement est intuitif.
Limites du mode 2T
Sur des cordons longs, maintenir la gâchette appuyée peut devenir fatigant.
La pression constante sur la torche peut aussi gêner la stabilité de la main, surtout lorsque la soudure demande beaucoup de précision.
Dans ce cas, le mode 4T est souvent plus confortable.
3. Le mode 4T : plus confortable pour les cordons longs
Le mode 4T permet de souder sans maintenir la gâchette enfoncée pendant tout le cordon.
Son fonctionnement se fait en plusieurs étapes :
- on appuie sur la gâchette pour amorcer l’arc ;
- on relâche la gâchette, l’arc continue ;
- on appuie à nouveau pour lancer l’arrêt ;
- on relâche pour éteindre complètement l’arc.
Ce mode est très utile pour les cordons longs, les soudures précises ou les travaux qui demandent une position stable de la main.
Avantages du mode 4T
Le 4T réduit la fatigue du soudeur. Il permet de se concentrer davantage sur la torche, le bain de fusion et l’ajout de métal d’apport.
Il est particulièrement intéressant lorsque les rampes de courant sont utilisées, car il permet une montée et une descente progressives de l’intensité.
Quand utiliser le 4T ?
Le mode 4T est recommandé pour :
- les cordons longs ;
- les soudures TIG exigeantes ;
- les pièces visibles ;
- les travaux en inox ;
- les soudures nécessitant une finition propre ;
- les situations où la stabilité de la main est importante.
4. HF : amorçage haute fréquence sans contact
Le mode HF, ou haute fréquence, permet d’amorcer l’arc sans toucher la pièce avec le tungstène.
Une impulsion haute fréquence crée l’arc à distance entre l’électrode et la pièce.
C’est un mode très utilisé en TIG, car il permet un démarrage propre.
Pourquoi le HF est utile ?
L’amorçage HF évite de contaminer le tungstène. Il évite aussi de rayer ou marquer la pièce au démarrage.
C’est particulièrement important lorsque l’on soude :
- l’inox ;
- l’aluminium ;
- les pièces fines ;
- les pièces visibles ;
- les assemblages nécessitant une finition de qualité.
Avec le HF, le soudeur peut positionner précisément la torche, puis démarrer l’arc sans contact.
Limites du HF
La haute fréquence peut parfois perturber certains équipements électroniques sensibles à proximité.
Dans ce type d’environnement, on peut préférer le mode Lift Arc.
5. Lift Arc : amorçage par contact contrôlé
Le Lift Arc est une autre méthode d’amorçage TIG.
Le principe est simple :
- on pose légèrement le tungstène sur la pièce ;
- on relève doucement la torche ;
- l’arc démarre automatiquement.
Contrairement à un amorçage par grattage, le Lift Arc est plus contrôlé et limite la contamination du tungstène.
Avantages du Lift Arc
Le Lift Arc est simple, efficace et plus sûr dans les environnements où la haute fréquence n’est pas souhaitée.
Il permet de démarrer l’arc sans générer les perturbations possibles du HF.
Il est aussi pratique pour les postes plus simples ou pour les interventions sur chantier.
Limites du Lift Arc
Même s’il est propre, le Lift Arc nécessite un contact initial avec la pièce. Il faut donc être délicat pour éviter de contaminer légèrement le tungstène ou de marquer la surface.
Pour les soudures très fines ou très esthétiques, le HF reste généralement préférable.
6. Slope Up : la rampe montante
Le Slope Up, ou rampe montante, permet de faire monter progressivement le courant au démarrage de la soudure.
Au lieu de passer immédiatement à l’intensité réglée, le poste augmente le courant petit à petit.
À quoi sert le Slope Up ?
Le Slope Up évite un choc thermique brutal au démarrage.
Il permet de former progressivement le bain de fusion, de mieux contrôler le début du cordon et de limiter les risques de brûlure ou de perçage sur les pièces fines.
Il est très utile sur :
- inox ;
- aluminium ;
- tôles fines ;
- soudures visibles ;
- pièces sensibles à la chaleur.
Exemple d’utilisation
Sur une pièce fine, une montée progressive du courant permet de démarrer proprement sans attaquer trop fortement le métal dès le premier instant.
Cela donne un début de cordon plus propre et mieux maîtrisé.
7. Slope Down : la rampe descendante
Le Slope Down, ou rampe descendante, permet de réduire progressivement le courant à la fin de la soudure.
Au lieu de couper l’arc brutalement, le poste diminue l’intensité petit à petit.
Pourquoi le Slope Down est important ?
À la fin d’un cordon, le bain de fusion se refroidit. Si l’arc s’arrête brutalement, un creux peut se former au bout de la soudure. Ce creux est appelé cratère.
Un cratère peut devenir un point faible, surtout sur les soudures techniques ou les métaux sensibles.
La rampe descendante permet de remplir progressivement la fin du cordon et d’éviter ce défaut.
Quand l’utiliser ?
Le Slope Down est recommandé pour :
- l’inox ;
- l’aluminium ;
- les pièces fines ;
- les soudures visibles ;
- les cordons longs ;
- les assemblages soumis à des contraintes.
Sur aluminium, on peut parfois utiliser une rampe descendante plus longue pour laisser le bain se refermer correctement.
8. Le pulse TIG : mieux contrôler la chaleur
Le mode pulse fait varier l’intensité entre deux niveaux :
- un courant de pic ;
- un courant de fond.
Le courant de pic permet de fondre le métal et d’assurer la pénétration. Le courant de fond permet au bain de refroidir légèrement sans éteindre l’arc.
Ce cycle se répète plusieurs fois par seconde selon la fréquence réglée.
À quoi sert le pulse ?
Le pulse permet de mieux contrôler l’apport thermique.
Il est particulièrement utile pour :
- les pièces fines ;
- l’inox ;
- l’aluminium ;
- les soudures esthétiques ;
- les matériaux sensibles à la déformation ;
- les cordons demandant une grande régularité.
En limitant la chaleur moyenne, le pulse aide à réduire les déformations et les risques de perçage.
Aspect du cordon
Le pulse peut aussi donner un aspect régulier au cordon, parfois comparé à un empilement de pièces de monnaie.
Cet effet dépend de la fréquence, de la vitesse d’avance et de la technique du soudeur.
9. Comprendre les réglages du pulse
Sur certains postes TIG, le pulse peut être réglé avec plusieurs paramètres.
Courant de pic
C’est l’intensité haute. Elle permet de créer la fusion et la pénétration.
Courant de fond
C’est l’intensité basse. Elle maintient l’arc tout en réduisant la chaleur dans la pièce.
Fréquence de pulse
Elle indique le nombre de cycles par seconde.
Une fréquence basse donne un effet plus visible sur le cordon.
Une fréquence élevée rend l’arc plus concentré et peut améliorer le contrôle du bain.
Pourcentage de pic
Ce réglage définit le temps passé au courant de pic par rapport au courant de fond.
Un pourcentage plus élevé augmente l’apport thermique.
Un pourcentage plus faible limite davantage la chaleur.
10. Pré-gaz : protéger avant l’arc
Le pré-gaz envoie le gaz de protection avant l’amorçage de l’arc.
Son rôle est de chasser l’air autour de la zone de soudage avant que le métal ne commence à fondre.
Pourquoi le pré-gaz est utile ?
Lorsque l’arc démarre, le bain de fusion doit être immédiatement protégé.
Si la protection gazeuse arrive trop tard, le début du cordon peut être contaminé.
Le pré-gaz est particulièrement utile pour :
- l’inox ;
- l’aluminium ;
- les soudures propres ;
- les pièces sensibles à l’oxydation ;
- les amorçages exigeants.
Un pré-gaz court suffit souvent, mais il doit être présent pour garantir un démarrage propre.
11. Post-gaz : protéger après l’arrêt
Le post-gaz maintient l’argon après l’arrêt de l’arc.
C’est un réglage très important en TIG.
Après la soudure, le tungstène et le cordon restent chauds. S’ils sont exposés immédiatement à l’air, ils peuvent s’oxyder ou se contaminer.
À quoi sert le post-gaz ?
Le post-gaz protège :
- le tungstène ;
- le bain en cours de refroidissement ;
- la fin du cordon ;
- la zone affectée par la chaleur.
Il permet de conserver un tungstène propre et un arc stable pour la soudure suivante.
Comment savoir si le post-gaz est insuffisant ?
Si le tungstène change de couleur après soudage, devient bleu, noir ou oxydé, le post-gaz peut être trop court.
Un post-gaz insuffisant peut aussi provoquer une mauvaise stabilité d’arc au redémarrage.
12. Intensité de soudage : le réglage principal
L’intensité reste le réglage de base le plus important.
Elle dépend principalement :
- du métal à souder ;
- de l’épaisseur de la pièce ;
- du diamètre du tungstène ;
- du type de joint ;
- de la position ;
- de la vitesse d’avance.
Une intensité trop faible donne un manque de fusion.
Une intensité trop élevée provoque une surchauffe, une déformation ou un perçage.
En TIG, l’objectif est d’avoir juste assez d’intensité pour former un bain stable, sans chauffer inutilement la pièce.
13. Réglages TIG pour l’aluminium : AC Balance et AC Frequency
Lorsque l’on soude l’aluminium en TIG AC, deux réglages supplémentaires deviennent importants : AC Balance et AC Frequency.
AC Balance
L’AC Balance règle l’équilibre entre nettoyage de l’oxyde et pénétration.
Un bon réglage permet d’éliminer l’oxyde en surface tout en gardant une bonne fusion du métal.
Trop de nettoyage peut chauffer excessivement le tungstène.
Pas assez de nettoyage peut laisser l’oxyde perturber la soudure.
AC Frequency
L’AC Frequency influence la concentration de l’arc.
Une fréquence élevée donne un arc plus concentré et plus précis.
Une fréquence plus basse donne un arc plus large et plus doux.
Ces réglages sont essentiels pour adapter la soudure à l’épaisseur, au type d’assemblage et au niveau de finition recherché.
14. Comment régler un poste TIG pour débuter ?
Pour débuter, il faut garder les réglages simples.
Sur acier ou inox :
- courant DC ;
- amorçage HF si disponible ;
- mode 2T pour les petits cordons ;
- mode 4T pour les cordons longs ;
- argon autour de 8 à 12 L/min ;
- arc court ;
- post-gaz suffisant ;
- intensité adaptée à l’épaisseur.
Sur aluminium :
- courant AC ;
- tungstène adapté AC ;
- argon avec débit correct ;
- AC Balance bien réglé ;
- AC Frequency adaptée ;
- slope down suffisant ;
- post-gaz correct.
Le mieux est toujours de faire un essai sur une chute avant de souder la pièce finale.
15. Erreurs fréquentes dans les réglages TIG
Démarrer sans pré-gaz
Le début du cordon peut être contaminé si le gaz n’est pas présent avant l’arc.
Couper le gaz trop tôt
Un post-gaz trop court peut oxyder le tungstène et dégrader la stabilité de l’arc.
Utiliser le mauvais mode d’amorçage
Le HF est idéal pour les soudures propres, tandis que le Lift Arc peut être préférable dans certains environnements sensibles.
Ne pas utiliser le Slope Down
Sans rampe descendante, la fin du cordon peut présenter un cratère.
Mettre trop d’intensité
Un excès d’intensité peut percer les pièces fines, déformer l’inox ou rendre le bain difficile à contrôler.
Mal régler le pulse
Un pulse mal configuré peut compliquer le soudage au lieu de l’améliorer.
16. Tableau récapitulatif des réglages TIG
| Réglage | Rôle principal | Utilisation recommandée |
|---|---|---|
| 2T | Appui maintenu pour souder | Soudures courtes, travaux simples |
| 4T | Appui puis relâchement, sans maintenir la gâchette | Cordons longs, confort, précision |
| HF | Amorçage sans contact | Inox, aluminium, pièces propres |
| Lift Arc | Amorçage par contact contrôlé | Chantiers, zones avec électronique sensible |
| Slope Up | Montée progressive du courant | Démarrage propre, pièces fines |
| Slope Down | Descente progressive du courant | Fin de cordon propre, éviter les cratères |
| Pulse | Variation entre courant haut et bas | Contrôle chaleur, inox, alu, pièces fines |
| Pré-gaz | Gaz avant l’arc | Éviter contamination au départ |
| Post-gaz | Gaz après arrêt de l’arc | Protéger tungstène et cordon chaud |
| AC Balance | Équilibre nettoyage/pénétration | Aluminium en TIG AC |
| AC Frequency | Concentration de l’arc | Aluminium, précision, épaisseur variable |
Conclusion
Les réglages TIG permettent d’exploiter toute la précision du procédé.
Le mode 2T est simple et adapté aux cordons courts, tandis que le 4T apporte plus de confort pour les longues soudures.
L’amorçage HF permet un démarrage propre sans contact, alors que le Lift Arc reste une solution pratique lorsque la haute fréquence n’est pas souhaitée.
Les rampes Slope Up et Slope Down améliorent le début et la fin du cordon. Le pulse aide à contrôler la chaleur, notamment sur les pièces fines, l’inox et l’aluminium.
Enfin, le pré-gaz et le post-gaz sont essentiels pour protéger le bain, le tungstène et le cordon.
Bien comprendre ces réglages permet de produire des soudures plus propres, plus régulières et mieux maîtrisées.
Dans le prochain article, nous passerons au soudage MIG/MAG : principe, matériel et différence entre MIG et MAG.

