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18 juillet 2026Le soudage TIG est un procédé reconnu pour sa précision, sa propreté et la qualité de ses finitions. Il permet de souder différents métaux avec un excellent contrôle du bain de fusion, à condition de bien choisir le type de courant et les réglages adaptés.
En TIG, on distingue principalement deux modes de courant : DC et AC.
Le TIG DC, ou courant continu, est utilisé pour l’acier, l’inox, le titane et plusieurs métaux ferreux ou non ferreux.
Le TIG AC, ou courant alternatif, est indispensable pour souder correctement l’aluminium et le magnésium.
Comprendre la différence entre AC et DC est essentiel pour choisir le bon poste, régler correctement la machine et obtenir une soudure propre, solide et adaptée au métal travaillé.
Dans cet article, nous allons expliquer simplement la différence entre TIG AC et TIG DC, leurs applications, les réglages importants et les bonnes pratiques pour souder l’acier, l’inox et l’aluminium.
1. Pourquoi le choix du courant est important en TIG ?
En soudage TIG, le type de courant influence directement le comportement de l’arc, la répartition de la chaleur, la pénétration et la qualité de la soudure.
Un mauvais choix de courant peut provoquer :
- un arc instable ;
- une mauvaise pénétration ;
- une contamination du tungstène ;
- une fusion difficile ;
- une oxydation du cordon ;
- un mauvais aspect final ;
- une impossibilité de souder certains métaux correctement.
Le choix du courant dépend principalement du matériau à souder.
Pour l’acier et l’inox, on utilise généralement le courant continu DC.
Pour l’aluminium, on utilise le courant alternatif AC, car il permet de casser la couche d’oxyde qui se forme naturellement à la surface.
2. Le TIG DC : courant continu pour acier et inox
Le TIG DC signifie TIG en courant continu.
En courant continu, le flux électrique circule toujours dans le même sens. Cela permet d’obtenir un arc stable, concentré et précis.
Le mode le plus utilisé est le DCEN, c’est-à-dire électrode négative. Dans cette configuration, l’électrode en tungstène est reliée au pôle négatif et la pièce au pôle positif.
Ce réglage concentre une grande partie de la chaleur sur la pièce, ce qui permet une bonne pénétration tout en limitant l’échauffement excessif du tungstène.
Le TIG DC est le mode de référence pour l’acier, l’inox, le titane et plusieurs alliages.
3. Souder l’acier au TIG DC
L’acier se soude très bien au TIG DC.
Ce procédé est particulièrement adapté lorsque l’on recherche un cordon propre, précis et bien maîtrisé. Il permet de travailler sur des pièces fines, des assemblages techniques ou des soudures visibles.
Préparation de l’acier
Avant de souder l’acier au TIG, il faut bien préparer la pièce.
La zone de soudage doit être propre et débarrassée de :
- peinture ;
- graisse ;
- huile ;
- rouille ;
- humidité ;
- calamine excessive ;
- poussière métallique.
Une surface mal nettoyée peut provoquer des porosités, un arc instable ou un cordon contaminé.
Le TIG est plus sensible à la propreté que le MMA. Une bonne préparation est donc indispensable.
Réglage de base pour l’acier
Pour souder l’acier, on utilise généralement :
- courant DC ;
- électrode en tungstène adaptée au courant continu ;
- argon pur comme gaz de protection ;
- arc court ;
- torche légèrement inclinée ;
- ajout de métal d’apport si nécessaire.
Le débit d’argon se situe souvent autour de 8 à 12 L/min, selon la buse, l’intensité et l’environnement.
Technique de soudage
En TIG sur acier, il faut garder un arc court et régulier.
La torche doit être tenue avec un angle constant. Le métal d’apport est ajouté progressivement dans le bain de fusion, sans toucher le tungstène.
Une vitesse trop lente peut surchauffer la pièce. Une vitesse trop rapide peut provoquer un manque de fusion.
L’objectif est d’obtenir un bain stable, un cordon régulier et une bonne pénétration.
4. Souder l’inox au TIG DC
L’inox est l’un des matériaux les plus souvent soudés au TIG. Ce procédé permet d’obtenir des cordons propres, précis et esthétiques.
Le TIG est très apprécié sur inox parce qu’il limite les projections et permet de bien contrôler la chaleur.
Pourquoi l’inox demande de la précision ?
L’inox est sensible à la chaleur.
Un excès de chaleur peut provoquer :
- une coloration excessive du cordon ;
- une déformation de la pièce ;
- une perte de résistance à la corrosion ;
- une oxydation au dos du cordon ;
- une finition moins propre.
Il faut donc maîtriser l’intensité, la vitesse d’avance, la protection gazeuse et le refroidissement.
Réglage de base pour l’inox
Pour souder l’inox au TIG, on utilise généralement :
- courant DC ;
- électrode tungstène adaptée ;
- argon pur ;
- arc court ;
- faible apport thermique ;
- métal d’apport inox compatible ;
- post-gaz suffisant.
Le débit d’argon est souvent proche de celui utilisé pour l’acier, autour de 8 à 12 L/min, mais il peut varier selon les conditions.
Importance du post-gaz
Le post-gaz est particulièrement important en TIG.
Après l’arrêt de l’arc, le tungstène et le cordon restent chauds. Le gaz doit continuer à protéger la zone pendant le refroidissement.
Un post-gaz trop court peut provoquer l’oxydation du tungstène ou du cordon.
Sur inox, cette protection aide à conserver un résultat plus propre et plus stable.
5. Le TIG AC : courant alternatif pour aluminium
L’aluminium ne se soude pas correctement en TIG DC classique.
La raison principale est la couche d’oxyde d’aluminium qui se forme naturellement à sa surface.
Cette couche d’oxyde est très résistante et fond à une température beaucoup plus élevée que l’aluminium lui-même. Si elle n’est pas éliminée pendant le soudage, elle empêche une bonne fusion et dégrade la qualité du cordon.
Le courant alternatif AC permet de résoudre ce problème.
En AC, le courant alterne entre deux polarités :
- une phase qui nettoie l’oxyde en surface ;
- une phase qui assure la pénétration dans le métal.
C’est cette alternance qui rend le TIG AC indispensable pour souder l’aluminium et le magnésium.
6. Comprendre le nettoyage et la pénétration en TIG AC
En TIG AC, le courant passe alternativement en polarité positive et négative.
Phase de nettoyage
Pendant la phase de nettoyage, l’arc aide à casser et éliminer la couche d’oxyde à la surface de l’aluminium.
Cette action permet au bain de fusion de se former correctement.
Sans ce nettoyage, la soudure peut être sale, irrégulière ou manquer de fusion.
Phase de pénétration
Pendant la phase de pénétration, la chaleur est davantage concentrée dans la pièce.
Cela permet de faire fondre le métal de base et d’obtenir une soudure solide.
Le bon réglage consiste donc à trouver l’équilibre entre nettoyage de l’oxyde et pénétration.
7. L’AC Balance : régler l’équilibre entre nettoyage et pénétration
L’AC Balance est l’un des réglages les plus importants en TIG aluminium.
Il permet d’ajuster le temps consacré au nettoyage de l’oxyde et le temps consacré à la pénétration.
Si le nettoyage est insuffisant, l’oxyde peut rester présent et perturber le bain.
Si le nettoyage est trop important, l’électrode en tungstène chauffe davantage, l’arc devient moins concentré et la pénétration peut diminuer.
Un bon réglage permet d’obtenir :
- un bain propre ;
- une pénétration correcte ;
- une électrode stable ;
- un cordon régulier ;
- une zone de nettoyage maîtrisée autour du cordon.
Dans de nombreux cas, les réglages typiques se situent autour de 60 à 80 %, selon la machine, le matériau et l’état de surface.
8. L’AC Frequency : concentrer ou élargir l’arc
L’AC Frequency correspond à la fréquence du courant alternatif.
Elle influence la forme et la concentration de l’arc.
Une fréquence plus élevée donne un arc plus concentré, plus précis et plus étroit. Elle est très utile pour les pièces fines, les soudures propres ou les zones où l’accès est limité.
Une fréquence plus basse donne un arc plus large et plus doux. Elle peut être intéressante sur les pièces plus épaisses ou lorsque l’on veut un bain plus large.
Le choix de la fréquence dépend donc de l’épaisseur, du type d’assemblage et du niveau de précision recherché.
Pour beaucoup de travaux sur aluminium, une plage autour de 80 à 120 Hz peut constituer une bonne base de réglage.
9. Souder l’aluminium au TIG AC
L’aluminium est un métal très conducteur de chaleur. Il absorbe rapidement l’énergie, ce qui peut rendre le bain plus difficile à contrôler.
Au début, la pièce peut sembler difficile à faire fondre. Puis, lorsque la chaleur s’accumule, le bain peut devenir rapidement trop liquide.
Il faut donc bien gérer l’intensité, la vitesse d’avance et la chaleur.
Préparation de l’aluminium
Avant soudage, l’aluminium doit être propre.
Il est recommandé d’éliminer :
- graisse ;
- huile ;
- poussière ;
- oxydes ;
- humidité ;
- contaminants de surface.
Une brosse inox dédiée à l’aluminium peut être utilisée pour nettoyer la zone avant soudage.
Il faut éviter d’utiliser une brosse déjà utilisée sur l’acier, car elle peut contaminer l’aluminium.
Réglage de base pour l’aluminium
Pour souder l’aluminium, on utilise généralement :
- courant AC ;
- argon pur ;
- tungstène adapté à l’AC ;
- métal d’apport adapté à l’alliage ;
- AC Balance correctement réglé ;
- AC Frequency adaptée ;
- débit de gaz suffisant ;
- post-gaz correct.
Sur aluminium, le débit peut être plus élevé que sur acier ou inox, notamment sur pièces épaisses ou lorsque la protection doit être renforcée.
Technique de soudage
La torche est généralement utilisée en technique poussée, afin de garder la protection gazeuse devant le bain.
Le bain doit rester propre, brillant et contrôlé.
L’ajout de métal d’apport doit être régulier. Une baguette mal introduite ou contaminée peut provoquer des défauts.
10. AC pulsé : mieux contrôler la chaleur
Sur certains postes TIG, le mode pulsé peut être utilisé en AC.
Le pulse fait varier le courant entre deux niveaux :
- un courant de pic ;
- un courant de fond.
Cela permet de limiter l’apport thermique, de mieux contrôler le bain et de réduire les déformations.
En aluminium fin, le pulse peut être très utile pour éviter de trop chauffer la pièce.
Il peut aussi aider à obtenir un cordon plus régulier et plus esthétique.
Selon l’objectif, la fréquence de pulse peut être basse pour un effet visuel marqué, ou plus élevée pour stabiliser l’arc et améliorer le contrôle.
11. Choisir le bon tungstène selon AC ou DC
Le choix du tungstène dépend du type de courant et du métal soudé.
Pour le TIG DC sur acier et inox, on utilise souvent des tungstènes adaptés au courant continu, comme les tungstènes lanthanés ou thoriés selon les habitudes et les recommandations.
Pour le TIG AC sur aluminium, on utilise des tungstènes capables de supporter le courant alternatif, comme le tungstène pur ou certains tungstènes lanthanés polyvalents.
Le tungstène bleu, par exemple, est souvent apprécié pour son usage général AC/DC.
Le diamètre doit aussi être choisi selon l’intensité :
- petit diamètre pour faibles intensités et pièces fines ;
- diamètre plus important pour pièces épaisses et courants élevés.
Un mauvais choix de tungstène peut rendre l’arc instable ou provoquer une usure prématurée de l’électrode.
12. Métal d’apport : choisir une baguette compatible
En TIG, le métal d’apport est ajouté manuellement lorsque cela est nécessaire.
Le choix de la baguette doit être compatible avec le métal de base.
Pour l’acier, on utilise une baguette adaptée à la nuance d’acier.
Pour l’inox, il faut choisir une baguette inox compatible, par exemple selon la nuance à souder.
Pour l’aluminium, le choix dépend de l’alliage. Les baguettes les plus connues sont souvent de type aluminium-silicium ou aluminium-magnésium selon l’application.
Un métal d’apport mal choisi peut réduire la résistance mécanique, modifier la corrosion ou provoquer des défauts.
13. Les erreurs fréquentes en TIG AC/DC
Utiliser le DC pour souder l’aluminium
C’est une erreur courante. Sans courant AC, la couche d’oxyde n’est pas correctement nettoyée, ce qui rend la soudure difficile ou de mauvaise qualité.
Mal régler l’AC Balance
Trop peu de nettoyage peut laisser l’oxyde perturber le bain.
Trop de nettoyage peut chauffer inutilement le tungstène et réduire la pénétration.
Négliger la propreté
Le TIG exige une pièce propre. La graisse, l’huile, la rouille, l’oxyde ou l’humidité peuvent rapidement provoquer des défauts.
Utiliser un mauvais tungstène
Un tungstène inadapté au courant ou à l’intensité peut provoquer un arc instable.
Oublier le post-gaz
Sans post-gaz suffisant, le tungstène peut s’oxyder et le cordon peut se contaminer pendant le refroidissement.
Trop chauffer l’inox
Sur inox, un excès de chaleur peut dégrader l’aspect et la résistance à la corrosion.
14. Tableau récapitulatif : TIG DC vs TIG AC
| Élément | TIG DC | TIG AC |
|---|---|---|
| Type de courant | Courant continu | Courant alternatif |
| Métaux principaux | Acier, inox, titane | Aluminium, magnésium |
| Arc | Stable, concentré | Alternance nettoyage/pénétration |
| Objectif principal | Pénétration et précision | Nettoyage de l’oxyde + fusion |
| Réglages importants | Intensité, gaz, tungstène, post-gaz | AC Balance, AC Frequency, intensité, gaz |
| Difficulté | Moyenne | Plus technique |
| Applications | Pièces fines, inox, acier, finition | Aluminium, alliages légers, pièces propres |
15. Comment choisir entre TIG DC et TIG AC ?
Le choix est simple : il dépend du métal.
Pour l’acier, l’inox ou le titane, on utilise le TIG DC.
Pour l’aluminium ou le magnésium, on utilise le TIG AC.
Un poste TIG DC peut suffire pour de nombreux travaux sur acier et inox. En revanche, pour souder de l’aluminium correctement, il faut un poste TIG AC/DC.
Le choix du poste doit donc être fait en fonction des matériaux que l’on souhaite souder.
Conclusion
Le soudage TIG offre une grande précision, mais il demande de comprendre la différence entre AC et DC.
Le TIG DC est utilisé pour l’acier, l’inox et plusieurs métaux comme le titane. Il offre un arc stable, précis et une bonne pénétration.
Le TIG AC est indispensable pour l’aluminium et le magnésium. Il permet à la fois de nettoyer la couche d’oxyde et de faire pénétrer la soudure dans le métal.
Pour obtenir une soudure propre et résistante, il faut adapter le courant, le gaz, le tungstène, le métal d’apport et les réglages à chaque matériau.
Dans le prochain article, nous verrons les réglages TIG plus en détail : 2T/4T, HF, Lift Arc, pulse, slope up/down, pré-gaz et post-gaz.

